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Ma personnalité est trempée dans le titane des convictions profondes, celles qui font qu’un homme suit sa voie quoi qu’il en coûte et où que cela le mène. Je me suis lancé en 1997 dans l’écriture de pièces de théâtre et la direction d’acteurs. J’ai produit deux pièces : un solo, C’est maintenant que tu arrives ?, et un quatuor, Continuez de vous taire. À chaque fois j’écris, je joue, je mets en scène, et je réalise le graphisme des plaquettes de présentation.
Cette productivité met en évidence ma démarche artistique, mon style, mes préoccupations. Un style poétique, épuré, manipulateur du langage, de l’acteur, de l’événement sonore, du public qui, bien souvent, ne sait pas où il va, ni s’il en reviendra. En tout cas, écouter ou regarder mon travail c’est prendre un risque, celui de changer, de ne plus voir les choses comme avant.
Ma démarche est très tournée vers l’introspection, la provocation sans violence mais néanmoins efficace. Personne n’y échappe pas même moi. Je me compare souvent à un scientifique qui fait des recherches seul, dans son laboratoire et qui, à l’occasion d’une sortie commerciale, d’un concert ou d’une représentation théâtrale, rend son travail à son commanditaire principal, le public. Ses domaines de recherche ne sont ni biologiques, ni aéronautiques, ils sont humains : l’âme humaine, la civilisation qui la régit, son système économique, politique et social en forme de pyramide. Tout cela est inacceptable et à défaut de pouvoir le changer dans l’immédiat, il faut le dénoncer, le mettre au jour, le disséquer, s’auto-disséquer pour comprendre pourquoi, et comment on peut agir dans son coin pour que tout le reste bouge.
Depuis plusieurs années je mets en place des actions de formation en direction de l’insertion, de la prévention et du travail social. Ces prestations utilisent l’art comme outil principal. J’ai développé, avec mes associées, toute une pédagogie pour rendre l’art accessible et utile dans tous les domaines de la vie sociale. Nous signons des contrats avec l’ANPE, la direction du travail, la CAF et plusieurs associations de terrain. Pour tous nos partenaires, nous développons aussi une forme de théâtre innovante, le théâtre interactif, très inspiré du Théâtre de l’Opprimé créé par Augusto Boal. Dans les scènes de ce théâtre social, le public a son mot à dire et peut monter sur scène pour proposer des solutions aux problématiques dénoncées.
J’ai également monté bénévolement un espace de travail pour acteurs sourds avec qui j’apprends la langue des signes et développe un théâtre visuel axé sur l’acting corporel, la vidéo en temps réel et la 3D en temps réel. »
Le groupe Cercle Fermé
Le groupe naît en 1989 à Toulouse, composé alors des breakeurs du City Force et de deux rappeurs Tarik et Ouahide. Dés le départ le choix de textes à thèmes est clairement fait, dans le sillon des groupes comme Assassins, Paris, et AKH.
De 1990 à 1997 devenu Cercle Fermé, le groupe s’exprime sur scène, enchaînant les concerts dans toute la France en première de groupe comme N.T.M, Massilia Sound Système, Fabe, Malka Family…
1998 : Sortie Un premier maxi six titres, À qui profitent nos malheurs ? sort en 1998, en licence chez Crash Disque et distribué par Pias. Mixé par Cutee B, cet opus impose un style
résolument réfléchi.
En 2000, le mini-album Douce France est produit par Muzikwood, le label créé par le groupe. La volonté de faire progresser le mouvement se fait ressentir. Le public underground ne s’y trompe pas et suit le groupe dans cette voie.
L'objectif de la compilation Toulouse or not To loose, produite par Muzikwood en 2002, fut de permettre à des rappeurs présents sur la scène toulousaine depuis quatre ou cinq ans d’avoir une première expérience d’enregistrement et de production de disque. Le groupe prend conscience alors de l’état de fermeture du marché et du mouvement, les concerts étant devenus de plus en plus difficiles à trouver, du fait de la montée imaginaire de l’insécurité autour du 21 avril 2002 et des séquelles toujours présentes aujourd’hui, de l’image de violents que l’on donne aux rappeurs et que parfois ils se donnent eux-mêmes.
Le groupe décide alors de prendre de la distance avec ces mouvements et de travailler sur une création à plus long terme. Cette démarche aboutir, en 2005, à la parution du livre-CD-vidéo Des ponts à la place des murs, qui est en fait un solo du rappeur Ouahide.
Photo : © I.D.E.





